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Déroulé de la saison 1942/43

La saison

Champion de France amateur (zone occupée).
1/16 de finale de zone en Coupe de France.
 
Les dirigeants du SCO ont pris une décision qui va bouleverser l'histoire du club : ils ont recruté Georges Meuris comme entraîneur-joueur. C'est la première fois que le SCO se dote ainsi d'un technicien. Meuris apporte avec lui son immense expérience, son talent et sa science du football : en particulier, il importe le WM qui va se révéler une arme redoutable.
Belge naturalisé français, Meuris, surnommé "le père Chuche", a 35 ans et une belle carrière derrière lui. Il a joué pour l'Olympique Lillois, les Sports Olympiques Montpelliérains, l'Union Sportive Valenciennes-Anzin et de 1936 à 1942 pour le Red Star. Son palmarès est riche de deux titres de champion de France professionnel (1933 avec Lille et 1941 avec le Red Star) et d'une sélection en Equipe de France (France-Irlande en 1937) ; il vient tout juste de remporter la Coupe de France avec le Red Star, ce qui montre qu'il a encore de beaux restes. Le SCO a également engagé Ramon Sanfiliu, un international espagnol en provenance de Toulouse.
La saison démarre par la Coupe de France : d'emblée le SCO fait tonner son attaque : il l'emporte 5-0 contre l'AS du Centre à Tours puis 6-0 contre le Sporting Club de Saumur. Au 4ème tour, "plus scientifique" il domine Blois puis se qualifie au 5ème tour aux dépens de l'équipe parisienne de l'Association Sportive de la Bourse (3-1). Son cinquième match de Coupe l'oppose aux professionnels du Stade-CAP (le Stade Français et le Cercle Athlétique de Paris ont regroupé leur effectif) : il est battu 3-0 à Saint-Ouen. La Division d'Honneur d'Anjou réunit huit clubs : AC Amboise, SCO Angers, CO Cholet, Stade Lavallois, Saint-Pierre de Nantes, SC Saint-Nazaire, ASPO Tours et US Le Mans II (l'équipe I est passée professionnelle). Le SCO démarre bien avec un succès 6-0 contre Laval : Rémi Perrin marque trois buts. Encore vainqueur à Cholet, il marque le pas en novembre puis devient presque irrésistible à partir de décembre : 7 victoires et une seule défaite (à Laval qui se venge ainsi). Le problème, c'est que les Nazairiens ont fait aussi bien. La dernière journée servira donc à départager les deux équipes et déterminera le champion. A l'aller, les Maritimes l'ont emporté 2-0 mais les Scoïstes ont l'avantage du terrain. Pourtant, ils sont menés à la mi-temps. Heureusement, l'ailier gauche Conotte parvient à égaliser. Les deux équipes sont à égalité, il faut disputer un match d'appui. Il a lieu à Nantes le 11 avril. Après prolongation, le SCO l'emporte 1 à 0 grâce à un but de Meuris sur pénalty. Les Angevins sont champions, ce qui n'est que justice car Godard, victime d'un coup, est resté groggy pendant toute une mi-temps : il n'y a pas de remplaçant à cette époque.
Le SCO est qualifié pour la phase finale du championnat de France amateur et son adversaire est l'Association Sportive de Deauville-Trouville, championne de Normandie. A Angers, les deux "teams" font match nul 0 à 0 : il faut à nouveau recourir à un match d'appui, à Pont-l'Evêque le 2 mai. C'est à nouveau l'égalité (2-2). Mais les Normands ont fait jouer le gardien Le Guern qui n'était pas qualifié et le SCO obtient son billet sur tapis vert. Et le voici en demi-finale du championnat de France amateur (zone occupée) face aux Aquitains du Bordeaux Etudiants Club, à La Roche-sur-Yon : Perrin, Meuris sur penalty et Jean Combot par deux fois signent le net succès du SCO. Pour la première fois, il atteint une finale nationale. La rencontre a lieu au Stade de Paris à Saint-Ouen le 30 mai 1943. Pour vaincre le Racing Club Franc-Comtois venu de Besançon, le SCO aligne son équipe type : Radigois - Lebouc, Sanfiliu - Meuris, Godard, Bergeon - Combot, Penvern, Samzun - Perrin, Conotte. "Déjouant une nouvelle fois les pronostics", le SCO impose sa tactique plus moderne du WM. A la 42ème minute, "Combot, démarqué, avance, passe à Perrin qui feinte avec aisance (...) et du gauche des vingt mètres, place en plein coin droit un ras-de-terre imparable". En seconde mi-temps, une "balle sèche de Meuris sur coup franc échappe au contrôle du grand Genin ; Combot à l'affût, l'en déleste promptement et le pose dans les filets". La marque finale est de 2 à 0 pour les Angevins : le SCO est champion de France ! La semaine suivante, au vélodrome Montesquieu, l'équipe scoïste présente le challenge Rimet à la foule de ses supporters. L'effet Meuris n'a pas tardé à agir. Les Angevins vivent dans une paix relative, plus ou moins résignée, plus ou moins désirée, plus ou moins combattue. Mais autour de la Méditerranée, les Alliés sont passés à l'offensive.

Effectif : Allary, Bergeon, Albert Combot, Jean Combot, Conotte, Godard, Lebouc, Leymet, Mallivet, Meuris, Penvern, André Perrin, Rémi Perrin, Radigois, Rochard, Samzun, Sanfiliu, Tournade
© Olivier Moreau 2001

La saison

Vainqueur de la Coupe de l'Avenir.
3ème tour en Coupe de France.
 
Progressivement, les compétitions retrouvent une organisation traditionnelle. Le championnat de l'Ouest est divisé en deux poules : Guingamp, Lamballe, Le Mans, Rennes (Stade et Tour-d'Auvergne), Saint-Brieuc, Saint-Pol-de-Léon et Saint-Servan en poule A ; Cholet, Douarnenez, Lorient (Cercle d'Education Physique et Football Club), Nantes, Quimper (Stade et Phalange-d'Armor) et Vannes en poule B. Le SCO pratique à l'étage inférieur, en Coupe de l'Avenir qui constitue en fait la Promotion et comporte trois poules en Anjou-Basse-Loire : RC Ancenis, Voltigeurs de Chäteaubriant, AS Segré, Trélazé (Gars d'Armor et Eglantine) en poule A ; Angers-Sportif, CU Angevin, CA Château-Gontier, RC La Flèche et AS Sablé en poule B ; CSJB, SCO, CO Cholet II, RC Doué, et JA Saumur en poule C.
A la reprise du championnat le 19 octobre 1941, le SCO est en deuil : son président André Bertin est décédé le 1er octobre à 59 ans. C'est une grande figure angevine qui disparaît : directeur général de Cointreau, colonel de réserve, décoré de la Croix de guerre 14-18 et commandeur de la Légion d'Honneur, vice-président de la fédération française de rugby, président d'honneur du Club Universitaire Angevin, il était arrivé à Angers en 1922 et avait insufflé au SCO un nouveau dynamisme. Eugène Blot lui succède à la présidence générale du SCO ; la section de football est confiée à Yves Huon.
Le SCO domine aisément sa poule ; battu seulement par Cholet et accroché par le CSJB, il remporte les autres rencontres et se qualifie. En finale, le 2 mai, il domine facilement le Racing Club d'Ancenis par 3 à 0 sur des buts d'Allary (x2) et du jeune René Samzun. En Coupe de France, il écarte d'abord les Cheminots du Mans puis chute face à la Saint-Pierre de Nantes au 3ème tour. Il est demi-finaliste en Coupe de l'Ouest et en Coupe de l'Anjou.
Puis l'Anjou-Basse-Loire disparaît. Le 5 mai est constitué le Comité d'Anjou qui couvre l'Indre-et-Loire, la Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe : Marcel Saupin, de la Mellinet, en assure la présidence et Félix Samzun, père de René, le secrétariat général.

Effectif : Allary, Bergeon, Bouvet, Albert Combot, Jean Combot, Roger Combot, Conotte, Godard, Lebouc, Penvern, Perrin, Radigois, Rochard, Samzun, Soyer
© Olivier Moreau 2001

La saison

4ème de la Coupe de l'Avenir.
16èmes de finale de Coupe de France.
 
La France est découpée en zone libre, zone occupée et en zones interdites. Angers est située dans la zone occupée. Ayant perdu la guerre dans des conditions jamais envisagées, les Français tentent de reconstituer une vie à peu près normale. Les compétitions sportives reprennent avec une organisation tenant compte des difficultés de circulation.

La Coupe de France est scindée en fonction des zones : le SCO atteint les seizièmes de finale de la zone occupée et perd 7-1 face à l'Association Sportive Amicale de Maisons-Alfort le 15 décembre 1940.

Le championnat prend le relais ; il a été nommé "Coupe de l'Avenir", ce qui peut paraître singulier. Malgré deux victoires finales contre Ancenis (4-1) et Nantes (4-0), il finit bon dernier de la poule remportée par Cholet.

Effectif : Bergeon, Bouvet, Jean Combot, Roger Combot, d'Hilaire, Godard, Joselin, Kermanach, Lebouc, Perrin, Plasson, Samzun, Soyer
© Olivier Moreau 2001

La saison

Finaliste de la Coupe des Aînés.
 
La signature des accords de Munich avec l'Allemagne, l'Angleterre et l'Italie le 30 septembre 1938 a valu au président du Conseil Daladier un retour triomphal. Ce n'est qu'une illusion de paix : le 2 septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne ; l'Angleterre et la France lui déclarent la guerre le lendemain 3 septembre. La menace qui grandissait depuis des années vient d'éclater. Naturellement, il n'est plus question de songer au football : tous les championnats sont reportés ou annulés. La Coupe de France est allégée, le SCO ne s'y engage pas. Cependant, le conflit ne s'enclenche pas : la "drôle de guerre", sans combats, s'installe. Les troupes restant mobilisées, c'est une compétition de réservistes qui est organisée en Anjou-Basse-Loire, baptisée "Coupe des Aînés" et disputée sous forme de championnat. En poule A, elle rassemble le Racing Club d'Ancenis, le SCO, le Club Olympique Choletais et la Saint-Pierre de Nantes, du 7 janvier au 26 février. Dans ce curieux championnat, le SCO s'impose (à noter un improbable 8-7 contre Cholet) et se qualifie pour la finale. Il affronte le vainqueur de la poule B, le Sporting Club Nazairien dopé par l'arrivée de footballeurs de valeur dans le port militaire : les 11 et 18 mars 1940, les Nazairiens l'emportent très facilement 7-3 à Angers puis 7-2 à domicile.
Le 12 mai, les troupes allemandes passent à l'attaque, le gouvernement français quitte Paris le 10 juin, le repli général des armées est ordonné le 14, Pétain succède à Reynaud le 16, l'armistice est signé le 22 : l'armée française a été battue en à peine plus d'un mois. La France est sous le choc. Le Congrès accorde les pleins pouvoirs à Philippe Pétain le 10 juillet.

Effectif : Barkoviak, Bergeon, Albert Combot, Henri Combot, Godard, Jonchère, Larcher, Mathé, Nicolas, Plasson, Soyer
© Olivier Moreau 2001

La saison

3ème en Promotion d'Honneur de l'Ouest (poule D).
1/32 de finale en Coupe de France.
 
La section football-association du SCO change de président : Eugène Blot succède à M. Girard-Dubray qui la dirigeait depuis sa relance en 1929. Devancé in extremis deux années de suite, le SCO rempile en Promotion. Il retrouve La Baule qui a été battue en barrages d'accession, Saint-Nazaire, Sablé, Basse-Indre, Ancenis et La Mellinet mais l'effectif de sa poule est renouvelé par la Saint-Pierre de Nantes, l'Union Sportive de Méan-Penhoët et la Liberté du Mans. Après un nul décevant à domicile contre la Saint-Pierre, il remporte cinq victoires dont une 8 à 0 aux dépens des Manceaux. La suite est moins bonne et, six victoires et six défaites plus tard, il se classe troisième à 7 points de la Saint-Pierre et à 5 points de La Baule.
Au-delà de ce championnat somme toute correct, la satisfaction de la saison vient de la Coupe de France : le SCO atteint en effet les trente-deuxièmes de finale après quelques succès probants. C'est d'abord une victoire facile au 2ème tour contre l'Athletic Club de la Loire. Ensuite, il l'emporte à Orléans face à l'Union Sportive du Paris-Orléans, club de Division d'Honneur du Centre (2-0). Au 4ème tour, il élimine le champion de l'Ouest en titre, le Stade Quimpérois (2-1 à Angers). L'adversaire du 5ème tour joue lui aussi en Division d'Honneur, c'est l'Union Sportive Douarneniste et le match à lieu dans le Finistère ! Qu'importe, le SCO domine pour la troisième fois de suite un club de rang supérieur (2-1, buts de Cirera et Vacquier). Le temps est venu de la récompense : affronter des professionnels ! Il s'agit des Girondins de Bordeaux. Si le club bordelais a déjà une longue histoire derrière lui, il figure depuis un an seulement parmi les "pros" ; après avoir joué en "poule de consolation" en 1937-38, il dispute même sa première saison en Deuxième division. Cette fois, l'écart est trop large pour les Angevins qui ne peuvent éviter la défaite : à Bordeaux, dans un stade vélodrome tout neuf où s'est disputé le 12 juin le quart de finale de Coupe de Monde entre le Brésil et la Tchécoslovaquie, les Girondins l'emportent 4 à 0.

Effectif : Bergeon, Boëls, Bouvet, Canon, Chaîgne, Cirera, Albert Combot, Henri Combot, Denous, Deveau, Godard, Lebouc, Matz, Monnet, Plasson, Pohu, Scadeck, Séguy, Soyer, Vacquier
© Olivier Moreau 2001

La saison

2ème en Promotion d'Honneur de l'Ouest.
4ème tour en Coupe de France.
 
Un peu moins brillant que lors de la saison précédente, le parcours du SCO est tout de même très satisfaisant : 12 victoires, 3 nuls et 3 défaites. Soit dix-huit journées car la Promotion est désormais constituée de poules de dix équipes. Cette compétition est serrée tout au long de l'année... sauf pour les deux premières places où s'installent l'US Bauloise et le SCO. Arrachant un nul 2 à 2 à La Baule lors de la 8ème journée, le SCO est vainqueur des Baulois lors de l'avant-dernière journée (2-0). Mais comme en 1937, ce succès contre le leader ne suffit pas et le SCO est contraint de se contenter de l'accessit. Derrière La Baule (47 points) et le SCO (45 points), Saumur et Ancenis ne totalisent que 38 points. A noter quelques beaux scores : 5-1 contre Ancenis, 6-0 contre Sablé, 6-1 contre Saumur, 5-0 contre la Mellinet. La seule équipe invaincue face au SCO est angevine : les Rouge-et-Bleu du CUA obtiennent le nul aussi bien à domicile rue de Frémur (2-2) qu'à l'extérieur rue Saint-Lazare (1-1).
Vainqueur des Korrigans de Vannes par 3 à 0 puis de l'Athletic Club d'Amboise (qui avait atteint les trente-deuxièmes de finale quelques mois plus tôt) sur la même marque, le SCO s'incline le 15 novembre à Paris au 4ème tour de la Coupe de France. Le Stade Olympique de l'Est, pensionnaire de Division d'Honneur, l'emporte de justesse 2 buts à 1.

Effectif : Bergeon, Boëls, Bouvet, Canon, Chaigne, Denous, Deveau, Godard, Malivet, Rivière, Schadek, Soyer
© Olivier Moreau 2001

La saison

2ème en Promotion d'Honneur de l'Ouest.
3ème tour en Coupe de France.
 
Voici donc le SCO de retour en Promotion. Il est versé dans la poule C en compagnie du Drapeau de Fougères, des Francs-Archers Lavallois, de l'Union Sportive Beauregard (Laval), de l'Union Sportive Mancelle, des Cheminots Rennais, du Stade Rennais amateur et de la Tour-d'Auvergne (Rennes). Second club angevin en Promotion, le Club Universitaire Angevin (CUA) affronte le RC Ancenis, l'US Basse-Indre, le CO Choletais, l'US Bauloise, La Mellinet (Nantes), le SC Nazairien et la JA Saumur dans la poule D. A l'étage inférieur, le CSJB dispute le championnat d'Anjou-Basse-Loire face à l'US Brissac, le CA Château-Gontier, l'ESSP Cholet, l'AS Sablé et l'AS Segré. La Vaillante joue en Union d'Anjou, le championnat des patronages catholiques.
Les Scoïstes réalisent un superbe parcours, remportant douze de leurs seize rencontres. La Tour-d'Auvergne est battue 11 à 0, lesFrancs-Archers 7-0 puis 8-1. Derrière le Stade Rennais et le SCO, seule l'Union Sportive Mancelle réussit à s'accrocher : elle bat le SCO 4-0 chez elle. Malheureusement, la belle performance du SCO est annihilée par la défaite initiale devant les Stadistes (5-4 à Angers) : il est coiffé sur le fil : la courageuse victoire à Rennes lors de l'avant-dernière journée (1-0) ne suffit pas à renverser la situation. Son parcours en Coupe de France est moins brillant : entré au deuxième tour, il écarte l'Union Sportive de Basse-Indre à Nantes (2-0). Sans doute trop confiant, il se fait surprendre par le Cercle d'Education Physique de Lorient qui s'impose 4-2 à Angers le 18 octobre. Les Bleu-et-Noir du CEP sont certes de jeunes promus mais les Angevins auraient dû se méfier : créé seulement en 1934, le CEP venait de remporter successivement ses championnats de 3ème, 2ème et 1ère série ; il accèdera à la Division d'Honneur dès 1938 !

Effectif : Bergeon, Canon, Chaigne, Douneau, Gervot, Godard, Got, Lebouc, Le Coz, Lévêque, Loréanc, Marie, Martineau, Soyer
© Olivier Moreau 2001

La saison

10ème et dernier en Division d'Honneur de l'Ouest et relégation en Promotion.
1/32 de finale en Coupe de France.
 
Dès le premier match de cette saison, la quatrième en Division d'Honneur, l'affaire s'engage mal : le SCO est sévèrement battu par le Stade Briochin (4-0). La semaine suivante, il s'incline à domicile face au Stade Quimpérois (2-1). Le départ des glorieux anciens du CSJB (Brandweiner, Poremba, Weri) continue à produire ses effets. Si le SCO maintient son rang en Coupe de France, il sombre totalement en championnat. Les défaites se succèdent : US Douarneniste (4-2), Stade Morlaisien (3-2), US Bauloise (4-2), FC Lorientais (2-1), AS Brestoise (8-3), Stade Lavallois (5-2) ; seul Lorient-Sports est accroché (2-2). Janvier et février sont un peu meilleurs (trois victoires, un nul et une défaite) mais le SCO subit ensuite trois nouveaux échecs. La victoire finale devant le Stade Lavallois (4-1 le 30 mars 1936) met un peu de baume au coeur mais demeure très insuffisante : le SCO, champion deux ans plus tôt, finit bon dernier et rétrograde en Promotion !
La Coupe de France lui infligera également une déroute, contre un opposant redoutable, il est vrai. Démarrant au troisième tour, le SCO élimine le Stade Luçonnais puis à nouveau les Tigres Vendéens (3-2 après prolongation). Le 4ème tour lui offre un adversaire plutôt facile, l'Etoile Sportive de Saint-Brieuc, qu'il n'élimine qu'avec difficulté. A nouveau, le SCO se hisse donc au stade des trente-deuxièmes de finale : ce sont les professionnels du Football Club Rouennais qui lui sont offerts ! Les terribles Diables rouges mettent partout le feu à la deuxième division : ils en sont alors à 25 points en 13 rencontres (un seul point perdu !) et leur bilan final sera de 25 victoires, 4 nuls et 5 défaites, 119 buts marqués pour 33 encaissés et naturellement un titre de champion à la clé. Ces Diables rouges comptent trois internationaux (Roger Rio, Jean Nicolas et Marceau Lherminé) et trois futurs Bleus (Michel Payen, Bernard Antoinette et Mathieu André). La rencontre a lieu le 15 décembre 1935 au Stade du Crédit de l'Ouest en présence du président-fondateur du FC Rouen, Robert Diochon. Conduits par Roger Rio, père du futur et éphémère directeur sportif du SCO Patrice Rio, auteur de cinq buts, les Rouennais imposent leur technique et leur puissance. Certes, le SCO ouvre la marque dès l'entame du match "sous les vivats de la foule" mais malgré tout leur courage les Angevins sont dépassés (7-2 à la mi-temps) et ils succombent après une lutte héroïque. L'ampleur de la défaite établit un nouveau record pour le SCO : 12-4 ! A l'image de Gressa "personnifiant le parfait (...) amateur", les Scoïstes ne sont plus de taille à lutter contre des professionnels. Leur relégation en fin de saison apparaît tristement logique...

Effectif : Canon, Chaigne, Douneau, Flahutz, Gavel, Gervot, Godard, Gressa, Hourdin, Jambon, Le Corre, Le Coz, Lévêque, Madec, Marie, Marsac, Martineau
© Olivier Moreau 2001

La saison

5ème en Division d'Honneur de l'Ouest.
1/32 de finale en Coupe de France.
 
Le titre de champion de l'Ouest est-il trop lourd à porter ? Les Angevins se sentent-ils trop sûrs d'eux ? Toujours est-il qu'en cette saison 1934-35 leur grade de champion ne sera qu'à moitié honoré. Le début était pourtant correct : en ouverture, mis à part un nul à domicile face au Stade Briochin qui avait été écrasé l'année précédente - c'est déjà un signe... - puisque suivent trois victoires (dont un 6-2 à Douarnenez et un 6-1 contre Quimper) pour deux défaites honorables (4-1 à Lorient et 2-1 à Morlaix). Le basculement intervient à mi-saison, après l'élimination en Coupe de France. Les Scoïstes remportent encore une victoire à Saint-Brieuc puis ils décrochent dans la course au titre : sur les sept derniers matches, ils ne totalisent qu'une victoire (3-0 à La Baule), deux nuls et quatre défaites. La conclusion de la saison est désastreuse : elle se solde par des échecs face à l'AS Brestoise (2-0 à domicile), à Quimper (4-3) puis enfin à Brest le 7 avril (4-1 en match en retard de la 7ème journée). Coïncidence : par cette victoire, l'AS Brestoise lui succède au palmarès de la LOFA.
Le parcours du SCO en Coupe de France est semblable à celui de l'année précédente, avec un exploit de plus toutefois. A nouveau exempté des deux premiers tours, il élimine tout d'abord les Tigres Vendéens (LesSables-d'Olonnes) - qui finiront tout de même leur championnat comme vice-champions du Centre-Ouest - puis affrontent les professionnels du Stade Malherbe Caennais au 4ème tour. La rencontre se déroule à Angers à la fin du mois de novembre. Soutenus par le public, les Angevins l'emportent 3 à 2 : c'est la première fois qu'ils éliminent une équipe professionnelle ! Dès lors, ils peuvent nourrir de solides espoirs en trente-deuxièmes de finale puisque l'adversaire qui leur est désigné, l'Athletic Club Amiénois, n'est pas plus fort que le Stade Malherbe (ils termineront respectivement 12ème et 11ème du championnat de deuxième division). Hélas, le match a lieu le 9 décembre à Amiens et les Scoïstes, certainement fatigués par le voyage, chutent lourdement : Martineau est battu quatre fois sans que Canon, Chaigne et les autres ne parviennent à sauver l'honneur. Le SCO ne se remettra pas de cette déception et, comme on l'a vu, achève tristement la saison.

Effectif : Bord, Canon, Chaigne, Godard, Le Dez, Lévêque, Le Vergos, Marsac, Martineau, Weri, etc.
© Olivier Moreau 2001

La saison

Champion de l'Ouest.
1/32 de finale en Coupe de France.
  br>La saison 1933-1934 est mémorable : c'est sûrement la plus belle du SCO de l'ère amateur et elle aboutira au plus prestigieux titre auquel le club pouvait alors prétendre : champion de l'Ouest ! Le championnat rassemble toujours huit équipes mais Douarnenez et La Baule ont remplacé Dinard relégué et St-Servan passé au professionnalisme. En match d'ouverture, les Scoïstes sont accrochés par l'AS Brestoise 4 à 4. La déception est salutaire car ils enchaînent sept victoires consécutives dont quatre à l'extérieur. Solidement installé en tête dès la deuxième journée, le SCO, avec pas moins de sept membres de l'équipe de la LOFA dans son onze de base, prend de l'assurance, marque de plus en plus de buts et, malgré deux faux pas, s'impose au final. Trois ans après le succès du CSJB, Angers récupère le titre grâce au SCO. Son bilan est remarquable : 11 victoires, 1 nul et 2 défaites (2-0 à Fougères et 5-1 à Brest), 37 points (contre 35 au deuxième, Brest et 34 à Lorient), 59 buts marqués, 24 encaissés et quelques belles volées distribuées (5-1 contre Fougères, 7-1 à St-Brieuc, 8-0 contre Quimper, 6-0 contre Douarnenez alors deuxième, 7-1 contre La Baule et pour finir 8-2 contre le Stade Briochin).
Entre-temps, le Sporting Club de l'Ouest si bien nommé a fait un parcours respectable en Coupe de France même s'il n'a pu aller aussiloin que la saison précédente. Déjà bien lancé en championnat et exempté des deux premiers tours, il écarte le Stade Français, seul grand club parisien resté amateur (2 à 0). Le stade Briochin subit ensuite la première de ses trois défaites de la saison (total : 19-3 !). En trente-deuxième de finale, les Angevins, menés par leur capitaine Georges Lévêque, tombent sur un morceau particulièrement indigeste : le Racing Club de Roubaix, finaliste de l'édition précédente et futur demi-finaliste. Ils ne s'inclinent que 3-1 (but de Le Dez) devant les professionnels. De quoi donner des idées mais l'économie et les conceptions du temps pousseront le SCO à ne pas rejoindre le Stade Rennais et l'Union Sportive Servanaise dans l'aventure professionnelle.

Effectif : Barbarin, Bord, Brandweiner, Cail, Canon, Chaigne, Gervot, Godard, Le Dez, Lévêque, Le Vergos, Marsac, Martineau, Moachon, Weri
© Olivier Moreau 2001

La saison

4ème en Division d'Honneur de l'Ouest.
1/16 de finale en Coupe de France.
 
Voici donc notre SCO en Division d'Honneur, l'élite de l'Ouest ! Les adversaires des Angevins sont tous bretons : Association Sportive Brestoise, Dinard Amical Sporting Club, Drapeau de Fougères, Football Club Lorientais (champion en titre), Stade Quimpérois, Stade Briochin, Union Sportive Servanaise. Ne manque que le Stade Rennais qui dispute le premier championnat professionnel. Après une victoire sur Dinard (6-4, buts de Brandweiner, Pichon 2 fois, Le Dez 2 fois et Weri), le SCO enchaîne trois défaites puis ses performances s'équilibrent. Son meilleur résultat est à coup sûr la volée infligée aux champions lorientais le 22 janvier : 7 à 1 ! La semaine suivante, il s'impose à Brest et huit jours plus tard l'emporte sur le Stade Quimpérois (futur champion). Pour clore la saison, le SCO renonce au déplacement à Saint-Brieuc, déjà remis pour cause de neige en février, et déclare forfait. Il finit quatrième, excellent résultat pour une première saison en DH.
En Coupe de France, grâce à son nouveau statut d'"Honorable", le SCO est exempté de premier tour. Il manque de choir au deuxième tour maisparvient à arracher sa qualification pendant les prolongations à Douarnenez (5-4). Aux 3ème et 4ème tours, il écarte deux des meilleurs clubs du Sud-ouest, l'Etoile Sportive d'Audenge puis le Stade Montois à Mont-de-Marsan. Le voici en 1/32 de finale, son meilleur résultat depuis 1922. L'adversaire, l'Union Sportive Quevillaise (qui fera beaucoup parler d'elle trois décennies plus tard), est le finaliste de 1927 : le SCO l'emporte à domicile 3 à 1. Cette victoire lui donne l'honneur d'affronter pour la première fois un club professionnel en match de compétition : l'Association Sportive de Cannes, tenant du titre. En cette année pionnière du championnat professionnel, les Cannois finiront vice-champions de France. C'est dire que la tâche des Angevins n'est pas mince. La rencontre a lieu à Bordeaux le 8 janvier. Cannes l'emporte 3-1 et poursuivra jusqu'en demi-finale ; là, elle sera battue par le Racing Club de Roubaix, lui-même vaincu en finale par... l'Excelsior de Roubaix !

Effectif : Barbarin, Bouchet, Boyrie, Brandweiner, Cail, Chaigne, Fontaine, Gervot, Godard, Le Dez, Lévêque, Le Vergos, Martineau, Pichon, Weri
© Olivier Moreau 2001

La saison

Champion de Promotion d'Honneur de l'Ouest.
4ème tour en Coupe de France.
 
Pour cette première saison en Promotion, la poule du SCO est composée de sept autres équipes : l'UAI (Angers), l'Union Sportive Bauloise, l'Union Sportive Mancelle, l'Union Sportive de Basse-Indre, l'ESSP de Cholet, la Mellinet (Nantes) et le Stade Lavallois. Grâce aux renforts venus du CSJB, ce sera un parcours de santé pour le SCO qui, une fois encore, survole le championnat. En dehors d'un nul contre La Baule, les buts pleuvent : 9-0 contre le Mans, 8-0 contre Basse-Indre, 7-0 contre Cholet, 14-1 contre la Mellinet, 9-0 contre l'UAI, 8-2 contre Basse-Indre à nouveau et encore 9-1 contre l'ESSP... Voilà les Angevins qualifiés pour la poule finale de Promotion.
En Coupe de France, le SCO élimine successivement l'Association Sportive de Châteauroux, le SC Nazairien puis le SNUC. Hélas, il échoue au 4ème tour face au Stade Olympique de l'Est, club de la Division d'Honneur de Paris : à Charenton, les Angevins sont battus 1 à 0 après prolongation et laissent échapper une qualification pour les trente-deuxièmes de finale.
Qu'importe, l'essentiel de cette saison est bien le championnat avec la poule finale de Promotion. Il s'agit cette fois d'affronter les meilleurs promotionnaires de l'Ouest : Stade Quimpérois, En-Avant de Guingamp, Lorient-Sport et Armoricaine de Brest. Les Scoïstes démarrent on ne peut mieux en l'emportant le 13 mars face à leur plus dangereux rival, le Stade Quimpérois, par 6 à 1. Pourtant, la lutte reste acharnée jusqu'au bout. Au final, le SCO, seulement battu par Guingamp lors de la deuxième journée, conclut brillamment (9-0 contre les Guingampais puis enfin 3-2 contre Lorient le 22 mai 1932) : chose inespérée deux ans auparavant, le voici propulsé au plus haut de la pyramide du football...amateur à l'heure où le professionnalisme entre en scène.

Effectif : Barbarin, Bouchet, Boyrie, Brandweiner, Brin, Canon, Chaigne, Chemineau, David H., Dersoir, Fontaine, Gervot, Godard, Guillet, Jeudy, Le Dez, Lévêque, Loriau, Marsac, Martineau, Poremba, Rivet, Rouger
© Olivier Moreau 2001

La saison

Champion d'Anjou-Basse-Loire et accession à la Promotion d'Honneur.
1er tour en Coupe de France.
 
La saison 1930-31 démarre mal : le SCO se fait éliminer d'entrée par un club de la Ligue du Centre-Ouest, l'Union Sportive Fontenaisienne. A Fontenay-le-Comte, les Angevins sont platement battus 4 à 0. Décidément, la Coupe de France ne réussit pas au SCO qui n'a plus passé un tour depuis 1921-22.
Heureusement, le championnat fait vite oublier cette déception. Les Scoïstes survolent leur groupe de 1ère série : ils remportent 5 victoires et ne sont battus (2-1) que par l'Intrépide - et encore Godard avait-il ouvert la marque. Il faut dire qu'à l'aller, les Noir-et-Blanc avait infligé aux Intrépides un rude 8-0. Les Parreyeurs de Bel-Air-de-Combrée, quant à eux, subissent un 7-1 final retentissant (1-1 à la mi-temps !). La PM de Segré est battue deux fois. Le bilan est éloquent : 24 buts marqués, 7 encaissés.
Le SCO est donc qualifié pour la finale du championnat de 1ère série avec en jeu l'accession au championnat de Promotion d'Honneur, l'antichambre de la Division d'Honneur ! En ce 4 janvier 1931, l'adversaire a pour nom l'Etoile Sportive Couëronnaise. Les Angevins, déterminés et en pleine euphorie, écrasent Couëron et l'emportent 6 à 0 ! Ils obtiennent ainsi la première promotion de l'histoire du SCO. Cette saison s'avère d'autant plus déterminante que les Etablissements Bessonneau décident de ne plus soutenir à bout de bras l'équipe du CSJB. Celle-ci atteint pourtant son sommet en début d'année 1931 : non seulement les "Cordiers" remportent un nouveau titre de champion de l'Ouest mais ils atteignent en outre les quarts-de-finale de la Coupe de France ! Après avoir éliminé le Football Club de Rouen (6-3) puis le Racing Club de Strasbourg (6-1), ils ne sont éliminés que par l'Olympique Gymnaste Club de Nice à Montpellier le 8 mars (4-1). Seul le grand Stade Rennais, finaliste en 1922, avait fait mieux dans l'Ouest.Quelles sont les raisons de ce renoncement ? Peut-être le refus de s'engager dans le professionnalisme qui se profile et qui entrera dans les actes un an plus tard ; sûrement les difficultés économiques qui commencent à frapper l'Europe, deux ans après la crise américaine de 1929 : Bessonneau déposera d'ailleurs le bilan au milieu des années 1930. Cette décision entraîne un transfert massif vers le SCO : Brandweiner, Jeudy, Lévêque, Pichon, Poremba et Weri rejoignant les Noir-et-Blanc. Dès lors, le SCO devient le premier club angevin et ne cessera plus de l'être. Mais on est passé tout près de voir le CSJB parmi les pionniers du football professionnel, ce qui laisse de quoi rêver...

Effectif : Barbarin, Bouchet, Boyrie, David H., David R., Fontayne, Gicquel, Godard, Gomez, Guichard, Lachaize, Loriau, Marsac, Poustynikoff, Valdez
© Olivier Moreau 2001

La saison

2ème en championnat d'Anjou-Basse-Loire.
1er tour de la Coupe de France.
 
Pour son retour, le SCO retrouve de vieilles connaissances nantaises puisqu'il affronte la Mellinet et le SNUC ; l'Espérance Sportive Saint-Pierre de Cholet complète le groupe. L'Intrépide et l'UAI jouent dans l'autre poule de 1ère série en compagnie de la Préparation Militaire de Segré et de l'Athletic Club de la Loire. L'Elan-Sports et le Club Universitaire Angevin pratiquent en 2ème série. Quant au CSJB, brillant représentant du football angevin en Honneur, il remportera le championnat de la LOFA pour la troisième fois. Pour son dixième anniversaire, et malgré un parcours plutôt terne avec deux victoires (1-0 face au SNUC et 4-2 contre l'ESSP Cholet) et quatre défaites (dont un sévère 7-3 infligé par les Stadistes nantais), le SCO btient la deuxième place derrière la Mellinet en profitant du déclassement du SNUC. En Coupe de France, il est éliminé dès le premier tour par la Préparation Militaire de Segré. C'est l'occasion de rappeler que le sport fut souvent promu dans le but de fortifier les futurs soldats : c'est ainsi que furent créés certains clubs sans pour autant avoir de lien avec l'Armée. Fortifiés, les Segréens le sont à coup sûr puisqu'ils viennent écraser nos Angevins 6 à 1 malgré une ouverture du score par Le Naour à la 25ème minute.
La saison s'achève par un événement lointain : la première Coupe du Monde a lieu en Uruguay du 13 au 30 juillet 1930. Après une belle victoire sur le Mexique (4-1) avec notamment le premier but de l'histoire de la compétition marqué par Lucien Laurent, la France s'incline face à l'Argentine (1-0) et au Chili (1-0) : elle est éliminée. En finale, l'Uruguay devient le premier champion du Monde au détriment de l'Argentine.

Effectif : Bertrand, Blanchard, Bormaud, Bouchet, Cochard, Dalançon, David, Dersoir, Hauppert, Lebrun, Le Naour, Loriau, Marsac, Mousseau, Nicolas, Papin, Porcel
© Olivier Moreau 2001